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Le Ciel

C’est une lumière qui coule d’en haut, puissante mais complexe, dont nous ne lisons, ne comprenons le message que par bribes. L’univers de Borie de Maurel commence au ciel : bleu cobalt, nettoyé des poussières de la vie par la pluie de la nuit ; indigo, électrique, quand le vent du nord combat la brûlure du sud ; anthracite, violacé aux entournures dès que l’orage se fracasse sur la montagne ; gris écumeux, vaguement mou, si la mer déplace, comme en un raz-de-marée gazeux, ses masses salées… Le ciel, ici, à Félines, est non seulement un élément constitutif, fondamental, du paysage, il s’impose tel un principe supérieur.

Le travail de la terre mérite une volonté de fer, pour parvenir, à mettre en bouteille le fruit d'une année de dur labeur. 
La vigne nous laisse rarement de répit, dépendant d'un climat parfois capricieux, faire face aux éléments, lire les signes, le savoir des anciens est un élément primordial
De là, naît l'héritage d'un savoir-faire appris au fil des décennie, transmis à travers les générations.

 

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Energie

 

 

 

 

 

Évidemment, dans cet univers vertical, l’étincelle est inévitable. De l’union du ciel, dieu mâle et barbu, et de la terre, matrice pure mais sauvage, naît le fruit.

Les antennes gourmandes de la vigne agacent les nuages, les feuilles font chanter le vent, ses racines plongent, fouillent, s’immiscent au plus profond du grès, des schistes, du marbre et des calcaires. Le cep catalyse la puissance des forces divergentes mais complémentaires.

À mi-chemin du ciel et de la terre, le grain de raisin fait la synthèse. La pulpe, les rafles, la peau emmagasinent toute l’énergie de ce choc, de ce contact, de cet équilibre de forces.

La Terre

Écoutez, laissez monter en vous cette force silencieuse qui vibre sous nos pieds. Elle nous parle de chaos, mais aussi de chaleur.

Les angles noirs des schistes de Ventajou semblent nous repousser quand la peau douce du marbre griot appelle la caresse.

Parfois, nous vient même l’idée de nous réfugier dans son ventre, comme au premier jour, comme au dernier, aussi. La terre nous possède, à chaque instant, dans chacun de nos actes, humains ou paysans, nous lui devons un respect infini ; ne brisons pas ses rythmes, calquons-nous sur eux afin de suggérer plutôt que d’exiger.

Sang

Apprendre à se taire, voilà le premier travail du vigneron. Apprendre à se taire pour commencer d’écouter, pour tenter de comprendre les signes. Savoir, avec tact, rester à sa place au cœur d’un système qui le dépasse. Surtout ne pas devenir ce grain de sable, vain et présomptueux, qui romprait l’éternel équilibre, la convergence énergétique des forces célestes et terrestres. Bien intuiter que le sang n’a de valeur que s’il parle de sens. C’est ainsi, un œil sur la folle clarté de la lune, l’oreille écoutant le chant de la terre, la main caressant le végétal, que sont conduites, depuis 15 ans maintenant, les vignes de Borie de Maurel.

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V
I
N

La cave, c’est l’antre du sorcier. Non pas qu’ici on manipule, on joue des tours, on chapote comme dit le vieil argot des vignerons sudistes. Non, pas de magie noire, pas d’alchimique transmutation ! Juste le désir profond, têtu, de révéler, dans la cuve – ce chaudron où bat le cœur du  vin –, la vraie nature du terroir de Borie de Maurel. Alors, cognent dans le verre de puissants arômes de réglisse, de violette ou de truffe. Pénètre en vous, gantée de velours et parée de soie, toute l’énergie humanisée, née par le raisin, de la rencontre du ciel et de la terre. Se mêle à votre sang le vin, ce liquide ami, gorgé de fruit, dont l’évidence, l’équilibre vous prouve qu’il vivait déjà en vous.